Deux articles de Roberto Saviano publiés lundi 27 août dans le New York Times et La Repubblica expliquent comment le crime organisé, aux liquidités importantes, a profité de la crise financière de 2008 pour « infiltrer l’économie légale ».

Le journaliste et écrivain italien Roberto Saviano, notamment auteur de Gomorra en 2007, rappelle que dès 2009, Antonio Maria Costa, un économiste italien à l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime, a confié qu’au plus fort de la crise, « dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide » disponible dans certaines banques. L’ONU a estimé à 580 milliards de dollars (462 milliards d’euros) le montant de l’argent blanchi en 2009 provenant du trafic de drogue et d’autres formes de crime organisé.

Selon Roberto Saviano, cette dépendance de l’économie mondiale au crime organisé explique pourquoi « dans de nombreux pays occidentaux, la lutte contre le trafic de drogue se fait à reculons, surtout en temps de crise, quand la liquidité monétaire est vue comme une oasis dans le désert ».

La mafia est évidemment très présente en Italie où elle dispose de 65 milliards d’euros de liquidités chaque année. « Les organisations criminelles siphonnent 100 milliards d’euros de l’économie légale, une somme équivalente à 7% du produit intérieur brut (PIB), écrit le journaliste italien qui souligne que l’argent finit dans les mains des mafiosi plutôt que dans celles de l’État ou des Italiens qui respectent la loi.

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