L’hebdo politique hebdomadaire d’Yves Le Bozec et Jean-François Gibert.

 

[audio:http://www.francejamet.fr/son/provoscopie_marinelepen.mp3]

 

Invités de la semaine : J’implose, tu exploses, il artifice !
- Arnaud Julien, irresponsable de la DMP, Division pour une Minorité Parlemantaire, candidat sur la 8ème.
- Guillaume Vouzellaud, Front National, candidat « imbu » sur la 6ème.
- Jean-Pierre Grand, encore député et toujours maire de Castelnau-le-Lèz, villepiniste, candidat sur la 3ème.

Présentation de l’émission : le portrait des invités et thème de la semaine.

Divergentes et divers gens… provoscopiennes et provoscopiens, le Loup et le Renard vous saluent. Un renard métamorphosé ce jour d’hui ! Il répond au nom d’Alain Neunoff. Surtout il est le cofondateur et Rédac’chef d’un nouvel hebdo montpelliérain qui s’appelle : Jeudi tout !!! C’est tout dire !!! Nous sommes en compagnie d’un député qui s’est adroitement opposé à la majorité sortante en la personne de Jean-Pierre Grand. Sur son aile droite, le prince consort du Front National qui ronge la droite biterroise depuis les dernières cantonales : vous aurez reconnu Guillaume Vouzellaud. Et, nulle part ailleurs, l’homme qui a mis des bottes pour tenter de rester droit : ce n’est autre que le plus vieux des jeunes, Arnaud Julien, l’encore leader de l’Union pour une Minorité Parlementaire ! (bien sûr, il s’est embourbé dans la campagne et fait défaut aujourd’hui. Grand mal lui fasse !!!)

Si bien que la question que chacun se pose aujourd’hui est : quel est le devenir de la Droite, parlementaire ou non, au delà des législatives ?… puisque celles-ci semblent d’ors et déjà perdues . A moins que !

« A moins que ! » Nouvelle interjection de notre Droite nationale… A moins que, disais-je, les Français ne s’amusent à une cohabitation qui serait véritablement inédite dans les annales de la République. Et alors ! Quelle cohabitation se serait ? Une alliance, ou pour le moins le soutien, d’un Front National ragaillardi et un peu moins effronté avec les reliefs de l’UMP ?

NON ! Tous les « à moins que « de la terre ne peuvent aboutir à ce scenario libertarien !

Alors, quels sont les vrais enjeux de ces législatives pour la Droite ainsi que pour l’extrême-droite ? A quelles recompositions nous préparent-ils ? D’autant que la Socialie leur a « confisqué » le pouvoir national. Que ces derniers, les socialos, aient les reliefs d’un pouvoir dans les arrières-pays : d’accord ! Mais pas LE POUVOIR !

Nous sommes déjà fébriles à l’idée de les entendre. Comment gérer l’élection à venir ? Que feront-ils du parti unique de la Droite après l’été ? Comment se reconstruiront-ils en vue des prochaines échéances ?

Annonce des bruits de rue…

Pas de bruit de rue à droite. La Droite n’est pas dans la rue. Ce n’est pas dans ses traditions. Elle gémit bistrotement ici ou là, promet un réveil infernal, envisage une retraite monacale quand ce n’est pas un exil australien. Alors, donnons immédiatement la parole à ceux qui parlent encore : Jean-Pierre Grand avant tout et Guillaume Vouzellaud après tout (mais aussi pas à Arnaud Julien…)


Illicoscopie… La réforme Marleix ou l’effet boomerang !

A présent Illicoscopie… Vouloir n’est pas pouvoir !

Présentation de l’actualité de la semaine… pour l’invité.

Une chose est sûre : la réforme charcutière de Marleix risque de se transformer en boomerang. Pourtant, elle avait été taillée sur mesure. Mais n’est pas Pasqua qui veut ! Le scrutin majoritaire a ceci de terrible qu’il ras-de-maréise les victoires et tsunamise les défaites. Rappelez-vous 1981 ou encore 1993. En 81, la vague rose socialiste offrit une chambre si marxiste qu’elle n’en avait plus connu depuis la Libération. En 93, la vague bleue chiraco-corrézienne envoya la Gauche dans les cordes dans une bérézina électorale digne de la chambre introuvable de 1815.

Alors, dans le contexte de ce XXIème encore en devenir, quelles sont les perspectives, une fois débarrassés du Petit Nicolas ? Quel avenir pour une droite interloquée autre que d’attendre patiemment la prochaine cohabitation ? Et notamment, que faire de cette extrême droite qui laisse entendre qu’elle est devenue fréquentable ?

Là est la question !!!

Mais avant d’en venir aux maux, revenons un instant sur l’élection qui nous, qui vous préoccupe : les législatives…

L’interview.
- Pourquoi, selon vous, entend-on souvent à Droite que la Gauche aurait « usurpé » LE Pouvoir ? Croyez-vous qu’elle est incapable de gérer les affaires de l’Etat alors qu’elle serait en situation de la faire dans les régions, les départements et les villes ?
- La crise a bon dos… Mais la droite sarkozienne a laissé la France dans un triste état : la croissance est nulle, le chômage a explosé, la dette s’est envolée. La fracture sociale a brisé l’élan national. L’école a failli. La misère s’est répandue et commence à atteindre les classes moyennes. Comment expliquez-vous cet état de fait ?
- Pourquoi la Droite a-t-elle favorisé le communautarisme au dépens de la fraternité ?
- Surtout, pourquoi Nicolas Sarkozy n’est-il pas parvenu (excusez le mot) à réformer la France ? De la faute des Français ? Ou de la faute à « pas de chance » ?

La controverse.
- Parlons concrètement de la campagne des législatives. Vous vous présentez les uns et les autres sur la 3ème en tant que sortant villepiniste, sur la 6ème biterroise contre le sortant sarkozien… sur la 8ème inventée spécialement pour donner enfin un job plus seyant que la direction d’un office de tourisme en voie de thermalisation !
- Avant tout, dîtes-moi ce qu’est selon vous le rôle d’un député ? Le représentant de la Nation ou celui d’un territoire ?
- A quoi doit-il servir ? Les intérêts locaux ou ceux de la Nation ?
- Comment vivez-vous la campagne sur le terrain ? Sur les marchés, dans les réunions villageoises, lors des porte-à-porte ?
- Pourquoi voulez-vous tant le Pouvoir ?

Quoiqu’il en soit, rien ne se comprend sans avoir recours à l’Histoire…


Rétroscopie… Les riches heures de la Sarkozy : j’y pense et puis j’oublie ?

Présentation du « retour sur Infos ».

Souvenirs, souvenirs… Allez, faîtes-vous plaisir ! Ecrivez-nous l’histoire d’un quinquennat. D’autant que chacun croyait que les Français étaient presque toujours de droite. Or, cette image d’Epinal est un mythe. En fait, depuis la Révolution française, c’est-à-dire depuis 223 ans, soit neuf générations, la moitié du temps seulement la Droite fut aux manettes de l’Etat. C’est pratiquement du 50/50 !

Alors, puisque ce n’est pas si courant, soyons courtois, laissons le temps à la nostalgie. Ces dix dernières années, la Droite a été aux commandes de l’Etat : depuis l’éviction fracassante de Lionel Jospin, un certain 21 avril 2002. Et… bon an, mal an, on aura survécu !

Mais le balancier de l’Histoire, avec ses accélérations et ses ralentissements apparents, inverse le cours des choses depuis le 6 mai. Et, si la droite le savait, alors elle précipiterait les choses, les accélérerait. Et serait fort aise de connaître une cuisante défaite !

A ce sujet, le renard pourrait avoir son mot à dire ! Alain Neunoff, pour Jeudi tout, questionne donc ces messieurs …

Le billet du renard…

Interview.
- Allez, un peu de nostalgie : quelles sont les actes de la droite dont vous êtes vraiment fiers ?
- Que dire de Luc Chatel qui publie un décret sur la notation des profs… le 7 mai au lendemain de la défaite ? Et qui renonce à ses appointements de ministre pour les six mois à venir ?
- Allez-vous, pour une fois, pratiquer l’opposition constructive ? C’est mal parti quand on écoute les uns ou les autres après le comptage du nombre de ministres du gouvernement Ayrault !
- Pour le FN, depuis combien de temps rien de va plus ? Depuis Vichy ? Ou depuis Charles X ?

Controverse sur la « morgue » dans les Infos.
- Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il interdit à son fils de se présenter cette fois-ci aux législatives ? Aurait-il compris que le népotisme ne paie pas en France ?
- Croyez-vous comme Eric Raoult au retour de Sarkozy en 2017 ?
- Qui serait, sinon, la relève ? Avez-vous des trentenaires crédibles capables de prendre la succession ?
- Une nouvelle union des droites est-elle envisageable ? Sinon quelle cure d’opposition !!!
- Vous avez critiqué le fait que Hollande, Ayrault et de nombreux ministres n’avaient aucune expérience gouvernementale. Peut-être est-ce pour cela que tant de jeunes sont au chômage !
- Un ministre doit-il connaître auparavant les grands sujets liés à son ministère ? Autrement dit, pour l’Education Nationale faut-il un prof ? Et pour l’agriculture, un paysan ? Pour les finances, un banquier ? Pour l’intérieur, un flic ? Pour la justice, un juge ?… etc…
- Seriez-vous alors pétainiste ?

Bon, les grands maux du passé ne font pas un avenir qui chante ! Mais, avant de franchir les limbes du temps pour nous projeter dans le quinquennat à venir, accordons-nous à nouveau quatre notes de musique afin que nous reprenions notre respiration !


Futuroscopie : Je t’explose, tu imploses : quand la droite singulière redevient plurielle

Présentation de la Futuroscopie de la semaine…

Quand la droite proteste, elle se souvient de l’édit de Nantes. Et elle prend peur ! Dans la série, comment régner quand on est divisés ?

Il se dit qu’en Europe et plus particulièrement en France, il suffit de savoir ce qui se passe aux Etats-Unis pour deviner ce qui nous attend d’ici une dizaine, voire une vingtaine d’années. Certes ! Quoique !!!

Ce fut parfois, souvent vrai… mais pas nécessairement dans tous les domaines, exception culturelle française oblige ! Et là est très probablement l’erreur fondamentale de la droite française en terme d’organisation politique. La France, quoiqu’en disent quelques experts à l’ouest, ne se reconnaissent pas dans le bipartisme. Même Jean-Marie le Pen le sait, lui qui dénonçait à longueur de diatribes « la bande des quatre » ! Et la droite chiraquienne imprégnée d’américanisme de se fourvoyer en la matière en créant un parti unique de la droite en 2002, au lendemain du séisme jospinien.

En fait, et malgré la parenthèse sarkozienne, cela aura fait le lit du Front National qui peut dorénavant se présenter, se déguiser, en droite nationale au grand dam de cette droite qui n’a plus rien de gaulliste. Ceci explique peut-être les agacements villepiniens !

Bref, rien ne va plus à droite !

Alors… m’autoriserais-je, une fois de plus, un clin d’œil au futur aussi hypothétique soit-il ?

La chronique du loup « Fais-moi peur… » : Le balancier de la droite !

En 1993, au lendemain de la défaite historique de la Gauche, Michel Rocard préconisa un « big bang » autour d’états généraux qui aurait débouché sur un grand parti de Gauche avec pour modèle : le parti démocrate américain. Les socialistes, pourtant défaits, surent refuser ce qui aurait été un suicide à terme. Ils savaient que les communistes aussi affaiblis soient-ils n’auraient pu se fondre dans un parti unique.

Pourtant, en 2002, inquiet de la pérennisation d’un Front National capable de faire exploser les règles institutionnelles, Chirac aidé de Juppé inventèrent une Union de façade improbable au lendemain de la présidentielle de 2002 : l’UMP. cela laissa penser que ce parti qui se voulait une imitation du parti républicain d’outre atlantique pourrait occuper le pouvoir ad vitam aeternam d’autant que la Gauche semblait divisée comme jamais.

Mais, de la même façon qu’un péché originel empêche tout mariage d’amour entre socialistes et communistes, un péché équivalent à droite ne peut connaître de rédemption. De quel péché s’agit-il à droite ? De la trahison de Chirac envers Giscard en 1981 sous le prétexte inavoué que ce dernier avait fait tomber de Gaulle lors du référendum de 1969 en appelant à voter, à l’époque : « Non, franchement, non » !

L’union, à Gauche comme à Droite, ne peut se faire autour de partis mais derrière un homme. Ce fut le cas avec de Gaulle, Mitterrand, Sarkozy et aujourd’hui Hollande. La vie politique en France, privée de Centre depuis la Révolution française, fonctionne sous la forme d’un quadripartisme qui permet le balancier du pouvoir selon que les tenants de la Troisième Force, ceux du Centre, penchent d’un côté ou de l’autre.

En fait, la France est divisée en cinq tendances. Et la Droite comme la Gauche semblaient l’avoir oublié. Deux Gauches, deux Droites et un Centre flou. Chacun pesant, bon an mal an, environ 20%. En fait, le moteur de l’Histoire politique en France est le Centre. Ce furent les Radicaux sous la Troisième et la Quatrième Républiques. Ce fut l’UDF giscardienne réactualisée par Bayrou. Ce sont surtout 20% de Français qui ne se reconnaissent pas dans la lutte des castes et rêvent d’une démocratie apaisée. Rien ne peut se faire sans eux. Pas même un Mitterrand marginalisant le PC ; pas même un Sarkozy marginalisant le FN !

Alors le balancier de l’Histoire de se remettre en marche. Deux Gauches, un Centre flou et deux Droites. Mais quelles droites ? Les reliefs d’une UMP sans les Radicaux qui louche vers ce fameux Centre et une Droite Nationale qui se décomplexe en imaginant un programme commun d’union des Droites qui singerait ce que la Gauche avait réussi en 1981 !

Pendant ce temps-là, la Gauche socialiste se débat avec une Gauche radicale qui joue à faire front comme d’autres jouent au poisson dans l’eau !

Alors, messieurs des droites… quel avenir envisagez-vous ?

Interview.
- Un commentaire, s’il vous plait… Comment voyez-vous l’avenir de la Droite pour les années à venir ?
- Pourquoi, selon vous, Juppé a-t-il « imposé » à Copé de poursuivre la ligne initiée par Buisson, le conseiller maurrassien de Sarkozy ?
- Que dire de l’aile républicaine de l’UMP ? Quel rôle peuvent avoir les Borloo et Yade, les Morin et Douste-Blazy, les Villepin et autres dissidents ?
- Que dire de l’aile nationale de l’UMP ? Quel rôle peuvent avoir les Longuet et Devedjan, les Luca et Mariani, les Jeanjean et autres indépendants et paysans ?

Controverse avec les invités.
- La future Assemblée Nationale risque fort de compter un certain nombre de députés du Front National. Comment les caciques de l’UMP s’apprêtent-ils à gérer la chose ?
- Accepteront-ils de mélanger leurs voix dans une opposition stérile ? Ou s’allieront-ils avec ceux de la Gauche radicale en se réfugiant dans l’abstention ?
- Le FN : pourriez-vous envisager une alliance avec les nationaux de l’UMP ?
- Les villepinistes : pourriez-vous envisager une alliance avec les Radicaux et autres Modem ?
- Les Umpistes : quels choix avez-vous dorénavant ?


Mais encore…

Pour conclure, que reprochez-vous aujourd’hui à Hollande et au gouvernement Ayrault quant aux actions qu’ils ont pu mener depuis le 15 mai ? Dont G8, Otan…

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