LR FranceJamet 14-05-23Monsieur le Président, Mes Chers Collègues,

 

Si nous avons accepté de nous joindre à cette motion, qui n’est pas un blanc seing complaisant pour la gestion de cette région ni son bilan vous le savez-bien ;

 

C’est avant tout par solidarité avec la population du Languedoc-Roussillon.

 

En aucun cas avec la classe politique UMPS qui nous a menés à cette situation que vous rejetez aujourd’hui et que vous avez toujours bien voulu représenter.

 

Il est bien évident que lorsque nous présiderons cette collectivité régionale, notre politique sera bien différente de celle que nous dénonçons ici régulièrement.

 

Pour autant, nous partageons bien la même colère…

 

Au-delà de ces réserves, ce projet que l’on tente de nous imposer fait apparaître une « fascination infantile pour le modèle allemand » de Monsieur Hollande. Elle est à plus d’un titre extrêmement dangereuse pour notre identité et notre spécificité française et républicaine.

 

Il nous parait utile de dénoncer à l’occasion de cette « motion » :

 

  • Le fait que nous sommes les seuls à dénoncer cette dérive européiste que les Français rejettent de plus en plus majoritairement et qui se traduira, vraisemblablement dimanche, par une large victoire de notre mouvement ;

  • et qu’à contre courant du parti de l’UMPS et de tous les autres (puisque le Centre toutes sensibilités confondues semble évidemment de la partie) Marine a clairement défini ce projet de réforme territoriale que le président et M. Valls veulent nous imposer sans concertation ni fondement légal et constitutionnel comme étant le reflet d’une « incapacité à gouverner dans un domaine régalien, un amateurisme saisissant et une ignorance flagrante ».

 

(Ecouter ici)

 

 

Bien sûr, la réorganisation territoriale telle qu’elle est envisagée, notamment pour les départements, remet en cause le pacte national (article 72 de la Constitution) et ne peut se faire dans le dos du Peuple ni par un arrangement entre élus au pouvoir.

 

Et bien sûr, c’est pour éviter une nouvelle déroute électorale que le report des régionales est prévu, si leur « landérisation » et la disparition des départements sont mis en place à la demande de Bruxelles.

 

Mais surtout ce « charcutage territorial » répond directement à la Recommandation faite à la France en juin 2013 par le Conseil de l’Union Européenne, adoptée telle quelle par nos « gouvernants » sur proposition de la Commission européenne et sous prétexte d’austérité budgétaire !

 

C’est une ingérence inacceptable dans « notre » souveraineté que nous sommes les seuls à dénoncer.

 

Malheureusement, pour notre région et vous-même aujourd’hui, le Languedoc-Roussillon en est aujourd’hui un simple dommage collatéral.

 

Les arguments en termes d’économies ne résistent pas à l’examen dès lors qu’il n’est pas question d’abolir les compétences que nos collectivités exercent, à part diminuer quelques dizaines d’élus (auxquels les Français ne sont pas hostiles à condition qu’ils soient convaincus qu’ils travaillent sérieusement et tous).

 

La simplification avancée (ou espérée) aboutira tout simplement à l’éloignement de nos concitoyens par rapport aux décisions et aux décideurs, à l’inverse de ce que nos compatriotes attendent précisément. On n’améliore pas l’efficacité des politiques publiques en éloignant les citoyens des décisions.

 

En plus de la désindustrialisation, de la crise agricole, des fermetures de sites militaires, ce serait un nouveau traumatisme pour la majorité de nos territoires de la République.

 

L’effet dépressif et récessif de ce charcutage territorial n’est absolument pas pris en compte dans leurs prévisions économiques et budgétaires officielles. Et nous le dénonçons haut et fort.

 

 

C’est sur ce seul constat que nous nous sommes accordés lundi en conférence de présidents…

 

Mais ce qui se passe aujourd’hui est plus grave encore que le contenu de cette motion : il s’agit d’un véritable démantelement de notre Etat-Nation, notre Etat-Providence qui est en train de se dérouler à notre corps défendant et dans le dos des Français. Et vous avez tous en son temps cautionné et soutenu cette politique.

 

Car en vérité, qu’est-ce que le projet réel de l’UMPS (du Centre et des Ecolos) ce sont :

 

– des Métropoles, des Régions (des euro-régions qui dépasseront nos frontières nationales) et Bruxelles. Eurobéats

face aux franco-béats que nous sommes et dont le modèle est inverse, nous voulons :

 

– des Communes à l’identité affirmée, des Départements solidaires et cohérents, un Etat fort et souverain (dans une Europe des Nations).

 

Certains au cours de nos discussions, de l’Ump au Ps ont parlé de « recentralisation », alors qu’il s’agit tout bonnement d’un « éclatement » de nos territoires.

 

En effet, la fusion des région mais aussi et surtout la suppression des départements (que vous n’avez pas souhaité associer à ce voeu) sont une grave menace pour la cohésion territoriale et sociale de notre pays dont les zones rurales seront les plus touchées.

 

Parce que de ces super-régions naîtront des féodalités régionales sans contre pouvoir qui détruiront les fondements de notre République française.

Parce que l’explosion des métropoles au détriment des départements entraînera un gigantesque déménagement du territoire qui se traduira par des transferts massifs d’emplois publics et de leurs familles, des plans sociaux et la désertification de nos territoires. (ces déséquilibres aggravés par la fusion des région toucheront 300 à 350 000 personnes soit 1 million de personnes avec leur famille).

 

Nous souhaitons d’ores et déjà faire évoluernous-même les institutions à notre gré et non sur ordre de Bruxelles et de ses commissaires.

 

Voilà ce qui nous différencie.

 

Il faut assainir le maquis de l’intercommunalité en se reposant davantage sur le département.

Ils doivent être garants des solidarités territoriales et sociales mais ils doivent se voir aussi attribuer une partie des compétences confiées aujourd’hui aux régions : gestion des lycées, santé… pour les exercer en synergie avec celles qu’ils détiennent déjà (gestion des collèges, organisation des transports interurbains et scolaires, travail social, insertion, handicap, dépendance… etc)

 

Le mode de scrutin devra évoluer vers la représentation proportionnelle intégrale par des conseillers territoriaux.

 

Nous pensons qu’elles doivent devenir des Etablissements Publics de Coopération Interdépartementales, administrés par une partie des conseillers territoriaux représentant les département.

 

On gèrerait ainsi l’équilibre territorial sur le territoire régional, notamment entre la grande agglomération chef-lieu, les autres pôles urbains et les zones rurales.

 

Les attributions des actuelles régions en matière de développement économique et d’organisation des transports reviendraient à l’Etat qui pourrait impulser les stratégies de développement en partenariat avec les départements et en consultant les partenaires sociaux sur la base de contrat pluriannuels.

 

L’Etat, relayé sur le plan territorial par les préfets et leurs services, doit retrouver l’élan de développement et de modernisation qui a été celui des Trente Glorieuses, et conjuguer ses ambitions avec celles des élus territoriaux et des partenaires économiques.

 

Pour moderniser l’organisation territoriale de la France, nous pensons qu’il faut maintenir les départements mais aussi les renforcer dans certains domaines tout en poursuivant la maîtrise des dépenses et la modernisation de leur gestion.

 

Pour moderniser l’organisation territoriale de notre pays, nous pensons que les régions doivent être repositionnées comme émanations des départements ce qui permettra de garantir la complémentarité et la synergie entre les actions de ces deux niveaux de collectivités afin d’éviter qu’elles s’affirment l’une et l’autre comme des concurrentes et que les principes de proximité et de réactivité soient entérinés et sacralisés.

 

Voilà, vous l’avez bien compris, nous ne sommes pas là seulement pour bien montrer notre différence et critiquer stérilement, mais pour nous imposer en tant que force de proposition respectueuse des territoires, des fondements et des valeurs de notre République.

 

Le Languedoc-Roussillon mérite mieux que des effets d’annonces avec le train à 1 euro et les ambassades à travers le monde…

 

Nous avons comme nombre d’entre vous, je l’espère, abondé ce texte pour l’amour de notre région.

 

Nous respectons notre Languedoc-Roussillon et nous pensons qu’il a et doit avoir toute sa place dans un Etat fort et souverain que nous nous attacherons à rétablir dans ses droits et défendrons face à Bruxelles.

 

Heureusement, nous savons tous ici que le report du scrutin des prochaines élections régionales, grossière ficelle tactique qui traduit la fébrilité du pouvoir en place, n’empêchera pas le mouvement populaire qui est en marche d’accéder aux commandes de notre Région.

Nous entendons avec une majorité du Peuple Français qui se démarque aujourd’hui pouvoir redonner à notre région et notre nation toute sa splendeur et sa souveraineté.

Des femmes et des hommes de bonne volonté, empreints de bon sens et de convictions patriotes, c’est tout ce dont notre pays a besoin…

 

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