ML 14-05-24 RégionRéforme

 

 

 

Lire aussi l’Article de L’Indépendant du 24 mai 2014

 

« Le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon dit non à la fusion des Régions« 

 

PHOTO/P. B.

Le conseil régional du Languedoc-Roussillon dit non à la fusion des Régions

 

La fronde s’organise dans l’hémicycle régional.

 

Vendredi matin, en ouverture de la session du conseil régional, Christian Bourquin et les élus ont voté une motion pour la conservation des frontières du territoire.

 

Tous s’accordent à dire qu’une réforme des collectivités territoriales est nécessaire : mais pas touche à nos frontières. Vendredi matin, dès 9 h 30, le conseil régional s’ouvrait sur la houleuse question de la fusion des Régions. « Cette motion a été acceptée par l’ensemble des groupes. Il y a des rumeurs de partout. Or, nous voulons avoir une vision stable des choses et être clairs sur le fait qu’il ne faut pas toucher aux limites de la Région. Je souhaitais vérifier que nous étions d’accord sur cette base de travail », introduisait Christian Bourquin, président de la Région Languedoc-Roussillon.

 

Dans l’assemblée, la question soulève craintes et réactions en chaîne. Car si cette motion trouve grâce aux yeux d’une grande majorité, il y a des bémols. France Jamet, responsable du groupe Front national au conseil régional, y allait de sa gouaille et son phrasé ultra-marinistes : « Nous nous joignons à cette motion, mais c’est avant tout par solidarité avec la population, pas avec les politiques UMPS. Car lorsque nous présiderons le Languedoc-Roussillon, notre politique sera très différente de la vôtre. »

 

Les rires éclatent… Une énorme croix d’or pendant au creux de sa poitrine, l’élue frontiste semble partie en croisade. Et dénonce sans relâche : « L’amateurisme flagrant » de cette réforme, le « démantèlement de la nation… D’ailleurs vous avez tous, en son temps, cautionné cette politique », lâche-t-elle. Avant de brosser le scénario catastrophe de cette future « nation des féodalités sans contre-pouvoir ».

 

Point de drame chez Jean-Jacques Pons, président du groupe d’Union centriste, mais de la défiance : « On ne peut pas forcer des mariages non-consentis entre Régions », résume-t-il. Avant de soulever la question d’un éventuel référendum pour consulter les 2,7 millions de Languedociens. D’après Stéphan Rossignol, président du groupe UMP de la Région, « cette réforme vise à cacher les résultats catastrophiques des municipales pour le PS… C’est l’arbre qui cache la forêt ». Et Robert Navarro, président du groupe PS et apparentés, de tempérer : « On devrait en profiter pour oublier un peu nos drapeaux régionaux, et prendre le bleu blanc rouge qui nous rassemble. Nous sommes tous coresponsables de la situation de notre pays », lâche-t-il. « Non c’est l’UMPS », s’écrit France Jamet. Et Navarro de poursuivre l’air de rien : « On n’est pas là pour faire de la démagogie »…

 

. Trois abstentionnistes

 

Au moment du vote, trois élus se sont finalement abstenus : Jean Castex (maire UMP de Prades), François Delacroix (PS) et Jean-Luc Pujol (Union centriste, élu des P.-O.). Ce dernier, qui s’est donc désolidarisé de son groupe, s’explique en marge du conseil : « Il faut que l’on simplifie le millefeuille territorial. On ne doit rien s’interdire, arguait-il. Je suis pour une simplification sans tabou ».

 

Et si les frontières changent, pour le Catalan, ce n’est pas un problème : « Le département des P.-O. est à l’extrémité du territoire. Et nous sommes tournés vers la Catalogne. Montpellier n’est pas vraiment le déversoir des Perpignanais… » L’attachement au territoire régional et les arguments s’avèrent aussi variés que les couleurs politiques de l’assemblée. Mais la motion est votée.

 

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