Quatre conseillers municipaux FN dans l’Aude sont en lice.

 

Avant les Municipales et les Européennes, la stratégie du front National consistait déjà à présenter des candidats à tous les scrutins. Après les deux votes qui ont conforté sa place dans l’échiquier politique français, le parti de Marine Le Pen poursuit plus que jamais sa marche en avant. Le Front présentera, « comme en 1998 et en 2008, mais dans un contexte différent », des candidats aux Sénatoriales dans l’Aude. « Quatre conseillers municipaux, puisque nous en comptons désormais 21 dans le département » précise Robert Morio, chef de file du FN audois et lui-même en lice. Il complète : « Nous avons 18 délégués (les grands électeurs) dans l’Aude et je pense que le nombre de bulletins en notre faveur sera supérieur encore. En 2008, nous n’avions qu’un délégué et nous avions récolté 6 et 7 voix, alors… ». Alors, le FN y croit : « Nous voulons fédérer. Nous allons créer une association, le Rassemblement des élus patriotes de l’Aude (REPA). Le but : réunir les élus municipaux pour défendre les communes, les départements, la nation. Nous gagnerons en crédibilité avec cette association. Nous souhaitons nous implanter partout dans l’optique de la Présidentielle de 2017 avec Marine Le Pen ».

 

 

« Défendre les communes »

 

Pour les Sénatoriales, le cheval de bataille du FN, ce sont les communes « qu’il faut conserver, c’est notre histoire, nos racines. L’Union européenne ne comprend pas que nous gardions 36 000 communes. Nous sommes pour la proximité, nous refusons le gigantisme des grandes régions, des grandes agglos qui détruisent les communes. Le véritable enjeu des Sénatoriales, c’est pour ou contre la défense de nos villages, de nos territoires. L’esprit de clocher existe pour nous ! Le 28 septembre, nous verrons si les grands électeurs sont en conformité avec leurs électeurs qui ont fait du FN le premier parti de France aux Européennes ». Les plus récents scrutins ont aiguisé l’appétit du parti. Les épisodes nationaux le ravissent. « Mais il faut toujours travailler » conclut Robert Morio.

 

Les candidats FN/Bleu Marine : sur Carcassonne, Robert Morio, conseiller municipal à Carcassonne, conseiller régional (suppléante : Arlette Deschamps, conseillère à Gruissan). Sur Narbonne, Laure-Emmanuelle Philippe, conseillère à Leucate (suppléant : Christophe Barthès, conseiller à Trèbes). Les quatre candidats audois aux Sénatoriales.

 

Marine Le Pen : les sénatoriales sont « capitales »

 

La présidente du Front national Marine Le Pen a qualifié dimanche à Fréjus (Var) de « capitales » les élections sénatoriales du 28 septembre « face au danger » de la politique suivie par le gouvernement et appelé les élus ruraux à voter pour ses candidats. Ces élections « sont capitales pour lancer un signal d’espérance très fort face au danger de cette politique » a lancé Mme Le Pen qui clôturait l’Université d’été du Front national de la jeunesse qui se tenait dans une des dix villes remportées par le FN en mars lors des élections municipales. « Les élus ruraux subissent de plein fouet les insécurités y compris institutionnelles –vous savez qu’il va y avoir des élections mais on ne sait pas comment elles s’appellent, on ne connaît pas les circonscriptions et on ne sait même pas la date à laquelle elles auront lieu », s’est désolée la patronne du FN, faisant référence aux élections départementales et régionales et dont la date précise, courant 2015 a priori, est pour l’instant inconnue. D’après la dirigeante d’extrême droite, « les élus patriotes sont les seuls évidemment à même d’apporter un souffle nouveau à cette Chambre haute endormie et déconnectée du territoire » et ils vont « défendre efficacement » les élus ruraux. Mme Le Pen a ainsi lancé un appel « aux conseillers municipaux, ruraux, maires de petite commune, conseillers généraux et régionaux : vous qui êtes dégoutés par l’+UMPS+ n’hésitez pas, n’hésitez plus, votez pour les idées patriotes ! » Alors que le parti n’a jamais eu de représentant au Palais du Luxembourg, la députée européenne a estimé que « pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, nous avons l’occasion de faire entrer des élus patriotes au Sénat ».

 

En privé, les dirigeants FN n’ont toutefois que des espoirs modérés. D’ailleurs, la patronne du FN n’avait jusqu’ici été guère diserte sur le sujet. « Il est vrai que ce mode de scrutin indirect ne nous avantage guère, l’+UMPS+ raflant les sièges à coup de subventions et de promesses jamais tenues », a-t-elle lancé, avant de dire son espoir de « créer à nouveau la surprise », après les dix villes glanées aux municipales et la première place aux européennes en mai. « La logique républicaine serait que le parti arrivé en tête aux élections européennes soit représenté dans toutes les assemblées de France. La logique républicaine serait que le vote des millions de Français soit respecté, que le premier parti de France en nombre de suffrages soit aussi le premier parti de France en nombre d’élus », a estimé la fille de Jean-Marie Le Pen devant quelques centaines de jeunes frontistes.

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